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Chez les Myènè, il
y a des génies tutélaires, bienfaisants,
spéciaux à ces tribus, sortes d'anges
gardiens, que l'on nomme ilógó. On
distingue les
ilógó
mâles, appelés alèka, et les
ilógó
femelles ou abyala.
Ils ont le pouvoir
de dépister et de mettre en fuite les
jeteurs de sorts et autres personnes qui
chercheraient à nuire; aussi bien, se
mettre sous la protection d'un
ológó
que maudire quelqu'un, le vouer à la
vengeance d'un
ológó.
C'est ce dernier cas que l'on peut dire
que les
ilógó, bien
quêtant des génies tutélaires, peu vent
parfois « posséder des hommes », et être
soumis à des exorcismes.
La rencontre de
certains animaux : le cadavre d'un rat
musqué ( onyungé ) au milieu du chemin,
un serpent jaune ( okendja ) barrant le
sentier, un caméléon ( omwongoli ),
creusant le sable, étaient de mauvais
augures.
Sentir, en pleine
brousse, de la grosse fourmi puante, ou
fourmi cadavre, était désastreux.
Heurter du pied gauche, une racine ou
une grosse pierre était un mauvais
présage, alros que heurter du pied droit
était un bon présage.
Le chant de la
fauvette grise d'Afrique ( nkombañoni )
et le cri du martin-pêcheur ( izómbó )
étaient d'heureux augures. On se
félicitait de la vue d'un aigle-pêcheur
( nkombe-nongo ), volant dans la même
direction que le voyageur, ou encore
d'un tressaillement de paupière, du bras
ou de la jambe ( okalemambo ). Enfin, un
tout petit passereau ( evoviyè,
ezèng'erumba ) que André Walker croit
avoir entendu chanter dans la Ngouniè,
sans toutefois l'avoir vu de près, était
regardé comme le messager de l'esprit
qui préside aux destinées humaines.
Les rêves avaient
autrefois et ont encore aujourd'hui, une
grande importance pour les Mpongwè et
chez toutes les populations gabonaises.
Pour bénir une nouvelle mariée :
Chez les Mitsogo de la Waka, au moment de livrer la jeune fille à son futur mari, l'oncle maternel de celle-ci, se tient debout au milieu des parents réunis en cercle. Sa nièce en marque de respect, tourne trois fois autour de lui et trois fois autour du cercle des assistants, puis elle va se placer devant son oncle. Ce dernier, les yeux fixés sur elle, invoque en sa faveur, tous les mânes des ancêtres de sa famille et de sa tribu. Ensuite, chacun des assistants mâche un fragment de tige de mokosa et en crache le jus sur la tête de la mariée. Après quoi on présente la jeune femme à son mari en lui souhaitant tous les voeux possibles de bonheur et de prospérité.
Pour bénir ses enfants :
Dans ce but, le père ou la mère, mastique des graines de pusa et les crache ensuite sur la tête de son enfant, ou dans la paume des deux mains, en lui disant : amendjè n'ogandaga (mpongwè ) c'est à dire « paix et bonne santé »
Pour bénir une case :
Toujours chez les Mitsogo de la Waka, quand une case vient d'être achevée, un grand repas est servi aux amis accourus pour aider à la construction de l'ouvrage. Ce repas est généralement constitué par un gros cabri châtré, un beau bélier ou un porc gras, accompagné d'ignames, bananes, tubercules de manioc ou des taros à foison. Avant de se disperser, le maître du logis, se tenant au milieu de ses invités, procède à des incantations aux astres, aux mânes et aux parents, après quoi tout le monde crache sur la case.




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