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1910-1930
1940-2000

 

 

La dernière émigration des Ivilis ou Bavilis est de dates assez récentes, soixante à soixante dix ans tout au plus. En effet des vieillards de cette race, nés au pays de Mikolo, entre le Haut IkoÏ et l’Ofoué, vivaient encore vers 1899-1910.

Le clan des Mouvas, descendu par la vallée de l’Ikoï, se fixa tt d’abord à l’embouchure de ce cours d’eau de Samba, il attira sur les bords de la Ngounié ses compatriotes des autres clans restés en arrière t les répandit dans le bassin de la Louga. « Litembo lini li la besou » ( cette rivière est à nous ), me disait souvent, non sans orgueil, la vieille « Yéati », de famille mouva du villa Douani.

La tribu des Ivilis est la moins nombreuse de toutes celles de la Basse Ngounié. Au commencement de ce siècle, elle comptait sept villages sur la rivière, huit dans l’intérieur et deux ou trois à Adolé, près de Lambaréné et à Ashouka. Depuis lors, ce nombre n’a fait que diminuer. C’est tout ce qui reste de cette peuplade dont les beaux et spacieux villages s’échelonnaient, vingt ou trente ans auparavant, sur les deux rives de la Ngounié, de Ikoï aux chutes de Samba, et bien au-delà jusqu’aux bords de la Louga.

Quelques uns de ces anciens villages, comme Mikongo ( visité par de Compiègne et Marche en 1874 ) et Vamala, à en juger par les emplacements qu’ils occupaient, devaient mesurer plus d’un kilomètre de long, sinon davantage. Mais l’épidémie de variole de 1897-1898 a contribué pour une large part à l’extinction de la race Ivili.

Les Ivilis, émigrés de chez les Ndjavis ou Bandjabi ont dû venir, selon toute probabilité, des bords de Lolo sur l’Ofoué et l’Ikoï. Ils quittèrent définitivement l’intérieur du pays devant les attaques réitérées des Akélés qui razziaient leurs paisibles villages pour se procurer des esclaves à on marché et du bétail.

Les vieux de la tribu racontent que, même après leur fuite, leurs ennemis ne les laissèrent pas tranquilles. Non loin de Boualé Bandoungou, à quatre ou cinq heures de marche de la Ngounié, on voit encore l’emplacement d’un ancien village akélé, dont le chef nommé Ndimba, fut longtemps la terreur des Ivilis. Une nuit tandis que tous les homme valides de Vambala assistaient à une danse dans un village voisin, Ndimba se jeta à l’improviste sur Vambala et emmena en captivité près d’une trentaine de femmes et jeunes filles Ivilis qu’il donna en mariage à ses guerriers ou revendit aux tribus du bas fleuve.

A quelque temps de là, Ndimba voulut tenter le même coup à Moubou. Mais il eut affaire à plus rusé que lui. Les Ivilis, prévenus se tenaient sur leurs gardes. Lorsque Ndimba qui marchait le premier, paré de tous ses fétiches, se montra à l’entrée du village, l’esclave Ivili Bobo l’abattit d’un coup de fusil. Épouvantés à cette vue, les Akélés perdirent toute assurance et se sauvèrent dans toutes les directions. Plus d’un y laissa sa peau. Ceux qui eurent la vie n’osèrent plus reparaître sur le territoire des Ivilis. Bien lus, ils quittèrent leur village en masse pour se réfugier sur l’autre versant des monts Issongui.

Les derniers grands chefs ivilis furent Da-Bobola et Mbongo ma Ndjémbo. Ce dernier, vainqueur de Ndimba, mourut en 1899 au moment où le poste de Sindara et la mission catholique venaient s’installer parmi les Ivilis. C’est ce chef qui, en 1892, avait refusé des guides à une caravane de missionnaires qui cherchait à se rendre par voie de terre de Samba à Lastourville.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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