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1910-1930
1940-2000

 

 

En même temps que les Ivilis descendaient vers la Ngounié, les Ishogos, Mitchogos ou Kangués émigraient également. Leur aire d’habitation actuelle se trouve à la hauteur des lagunes du Fernan Vaz, d’Iguéla et de Setté Cama. Montagneuse et boisée, cette région est située sur la ligne de séparation de la Ngounié et de ses lus grands affluents de droite, l’Ikoï et l’Ogoulou. Elle est en outre sillonnée de nombreux cours d’eau torrentueux, prenant tous leurs source au cœur même du pays Ishogo, dans les multiples chaînes de montagnes qui le traversent du nord au sud et de l’est à l’ouest.

Descendant la pente abrupte de ces montagnes, tous ces cours d’eau, entrecoupés de chutes et de rapides, sont impraticables à la navigation, même à la simple pirogue. De là, un très grand obstacle à la pénétration intérieure. En dehors de ces torrents, aucune plaine, aucune steppe n’égaie le paysage. Partout où les regards peuvent se porter, ils ne rencontrent que l’immense manteau vert sombre de la forêt tropicale.

Les Ishogos recherchent en général les lieux les plus levés pour y construire leurs villages. Grands spacieux, propres, bien bâtis, ces villages sont tous très peuplés et groupés le plus souvent à de faibles distances les uns des autres. Et plus on s’enfonce dans l’intérieur, loin de l’influence délétère de la côte et des grandes rivières, les agglomérations deviennent plus importantes et plus nombreuses. En pénétrant dans les vallées de la Louga et de la Waka, on trouve plusieurs villages de quatre vingt dix à cent cases. Le village Mogoumou, qui aurait deux ou trois ruelles principales et une quantité de ruelles transversales. Ce qui ferait supposer, par conséquent, une agglomération de cinq ou six cent habitants.

Les Ishogos sont moins nomades que les Fangs, les Akélés ou les Eshiras. Nous trouvons chez eux de vieux villages, comme Mbanga, dikoka, Mobégo, Mandji, dont la date de fondation remonte à plus de cinquante ans, à peu près à la date d’arrivée des Ishogos dans leur pays actuel. Quelques autres, comme Pingo, Gessingo, Mobémo, dans le massif du Fimoungui, existaient en 1894, lors du passage de S.G. Mgr Le Roy ( alors évêque du Gabon ) avec M. l’administrateur Godel et le R.P. Bichet, dans la boucle de l’Ogooué, de Lastourville à Samba, passage dont les vieux Ishogos n’ont pas perdu le souvenir, car ils parlent encore de la nombreuxe caravane de Blancs, venus de l’intérieur avec des hommes à cornes ( allusion aux pittoresques coiffures des porteurs mindoumous et bakotas venus du Haut Ogooué ).

Les ancêtres des Ishogos ont probablement habité autrefois au-delà de l’Ogooué, non loin de la mer, tout à côté des Mpongoués. La guerre les aurait forcés à passer sur la rive gauche de l’Ogooué où ils se seraient établis d’abord auprès des Okandés, des Simbas et des Povés ; puis dans la région comprise entre la Haut Ikoï et l’Ofoué, près des Ivilis et des akélés, au pays de Mikolo. On peut encore voir dans ces parages, les emplacements de leurs anciens villages : Piti, Mbaya, Gétamba, Mokandé, etc.. Les fréquentes razzias de la turbulente tribu des Akélés les obligèrent à émigrer de nouveau, en même temps que les Ivilis et les Ashangos.

Quelques uns s’arrêtèrent dans la vallée de la Louga, tandis que d’autres se dirigeaient vers la Ngounié. Mais effrayés par les rapides de ce fleuve, ils n’osèrent pas le traverser et remontèrent peu à peu vers le sud-est pour se répandre sur les bords de la Waka, de l’Ikobé, et jusqu’au-delà de l’Ogoulou et la Migolo, son affluent. Les plus hardis réussirent enfin traverser la Ngounié, mais ils étaient en si petit nombre qu’ils ne purent résister aux attaques des populations de cette rive. Ils rejoignirent donc le gros de la tribu et s’établirent vers l’embouchure de l’Ogoulou, entre les Aponos et les Ndjavis.

Ce nouvel exode des Ishogos fut fréquemment dérangé par les attaques des Akélés. Mais cette fois, les Ishogos-Kambas, formant l’arrière garde, mirent complètement en déroute les agresseurs, près du mont Montendé, et cela, après s’être excités dans une grande danse fétiche, l’ »Epoboué ». en tout cas, les Akélés n’eurent plus avec les Ishogos que les rapports bienveillants du commerce. Intermédiaires entre l’intérieur et la côte pour les ventes d’esclaves, ils trouvaient cet article en abondance dans la tribu des Ishogos. Le trafic du bois d’ébène avait cimenté la paix.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Charles N'Tchoréré
André Raponda Walker
Savorgnan de Brazza
Paul du Chaillu
Les Rois

 

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