Bordant les Nkomis, de l’Ogooué du nord est, la tribu des Galaos s’étend
aujourd’hui d’Ashouka à Lambar2né et se divise en Galoas-Mapandjé, Galoas-Eliwa,
Galoas-Wombolié et Galoas Olomba.
Ils se trouvaient cantonnés anciennement dans les trois lacs Onangué, Ezanga
et Ogémoué et un peu en aval du confluent de ces lac avec l’Ogooué. On montre
encore aujourd’hui dans l’OliwMpandhé l’endroit par où les premiers Galaos
arrivèrent sur le fleuve, qu’ils remontèrent peu à peu jusqu’à l’île de
Lambaréné où ils s’établirent, après avoir payé une redevance aux Enengas, alors
maîtres du pays.
Avant d’aller dans les lacs, les Galaos habitaient une région appelée Tomba.
Ils étaient là, paraît il avec les Oroungous, les Eshiras et d’aucuns disent les
Apindjis. Où est au juste cette région ?
Personne ne le sait à l’heure qu’il est. Mais cee nom de Tomba ferait
supposer une région montagneuse, ou désignerait simplement l’intérieur,
« l’Olomba des Mpongouè ».
De là, les Galaos vinrent au lac Onangué par le Ntchonga-Mpolo. Ils s’y
trouvaient à proximité des Eshiras qui les y avaient devancés. La guerre éclata
souvent entre les deux tribus. Les Eshiras éreintèrent leurs ennemis à coups de
matraques, de sagaies et d’herminettes, disent les vieux Galaos. Alors les
Oroungous se séparèrent des Galoas pour se mettre l’abri de ces attaques
incessantes.
Les Galaos, eux, se jetèrent sur le lac Onangué et se le partagèrent, ainsi
que le lac Ezanga et le lac Ogémoué. Mais les riverains eshiras leur
administraient toujours par surprise des rossées. Ils longeaient sans doute les
lacs.
Combien de temps dura ce séjour aux lacs avant d’arriver à l’Ogooué ?
certainement pas une génération. Mettons cinquante ans.
Les Galoas passèrent à l’Ogooué par la rivière qui débouche à Ongomo, mais
surtout par la rivière Agouma, à Mondjwé, en face de Nzambalika.
Ils s’éparpillèrent les uns le long de l’Ogooué et le plus grand nombre
remontèrent la rivière Obando et s’installèrent chez les Sékés. Mais ceux-ci
descendirent quelque temps après au la Gomé.
La première famille qui s’établit sur l’Ogooué, fut le clan des Adyavis, mais
la famille la plus nombreuse est peut-être actuellement celle des Adyénas.
Lorsque les premiers explorateurs européens remontèrent l’Ogooué, ils
trouvèrent sur la rive droite du fleuve, un peu au dessus de l’emplacement
actuel de la mission catholique, un important village galoa « Adolinanongo ».
c’était là que régnait Nkombé, le fameux roi-soleil, rendu célèbre par les
récits du marquis de Compiègne et de Savorgnan de Brazza.
Son père, Révégué, était énenga. Sa mère était une femme galao du clan des
Anouvas
Si les Galoas sont à l’heure actuelle, la tribu la plus civilisée de tout
l’Ogooué, ils le doivent au vieux Nkombé qui sut attirer le commerce européen
dans sa tribu et cela au détriment des Akélés chez qui les Blancs s’étaient
d’abord installés.
Tout le commerce de la Ngounié était monopolisé par les Galaos tandis que les
Enengas accaparaient principalement celui du Haut Ogooué. Les produits étaient
vendus, soit directement aux Européens, soit par l’intermédiaire des Oroungous
du Cap Lopez.
Il est intéressant de trouver parmi les Galaos quelques familles d’origine
mpongouè. Les Akazas descendraient d’une femme mpongouè venue jusque dans
l’Ogooué à la recherche d’un médecin. Ne pouvant payer sa guérison, elle avait
consenti à devenir la femme de son bienfaiteur. Grâce à la loi du matriarcal (
cette loi existe chez presque toutes les tribus de l’Ogooué ), les enfants
prirent le clan de leur mère et devinrent des Akazas ou Agekazas. Plus tard, le
même fait se reproduisit dans des conditions à peu près identiques et c’est
pourquoi nous retrouvons les Assigas apparentés à la famille des anciens chefs
mpongouès de Denis.
Il existait jadis chez les Galaos un fétiche redoutable, le « Yasi ». a son
approche, femmes et enfants devaient s’enfuir ou se blottir dans quelque
cachette. Voir le « Yasi », ou même prononcer son nom, était, pour les initiés,
un crime puni de mort.
J’ai connu autrefois à la mission de Libreville, un jeune Galao dont la mère
avait sacrifiée ainsi au terrible « Yasi ». Un autre m’a raconté que son oncle
maternel, encore enfant ayant été surpris dans la bananeraie de son village au
moment où les initiés tenaient une réunion secrète dans la brousse voisine, fut
immolé sur le champ.
Heureusement le voisinage du poste non moins que l’influence bienfaisante des
missionnaire a mis fin à ces coutumes barbares. Et aujourd’hui, le « Yasi »
n’est plus un épouvantail pour personne.