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1910-1930
1940-2000

 

 

Bordant les Nkomis, de l’Ogooué du nord est, la tribu des Galaos s’étend aujourd’hui d’Ashouka à Lambar2né et se divise en Galoas-Mapandjé, Galoas-Eliwa, Galoas-Wombolié et Galoas Olomba.

Ils se trouvaient cantonnés anciennement dans les trois lacs Onangué, Ezanga et Ogémoué et un peu en aval du confluent de ces lac avec l’Ogooué. On montre encore aujourd’hui dans l’OliwMpandhé l’endroit par où les premiers Galaos arrivèrent sur le fleuve, qu’ils remontèrent peu à peu jusqu’à l’île de Lambaréné où ils s’établirent, après avoir payé une redevance aux Enengas, alors maîtres du pays.

Avant d’aller dans les lacs, les Galaos habitaient une région appelée Tomba. Ils étaient là, paraît il avec les Oroungous, les Eshiras et d’aucuns disent les Apindjis. Où est au juste cette région ?

Personne ne le sait à l’heure qu’il est. Mais cee nom de Tomba ferait supposer une région montagneuse, ou désignerait simplement l’intérieur, « l’Olomba des Mpongouè ».

De là, les Galaos vinrent au lac Onangué par le Ntchonga-Mpolo. Ils s’y trouvaient à proximité des Eshiras qui les y avaient devancés. La guerre éclata souvent entre les deux tribus. Les Eshiras éreintèrent leurs ennemis à coups de matraques, de sagaies et d’herminettes, disent les vieux Galaos. Alors les Oroungous se séparèrent des Galoas pour se mettre l’abri de ces attaques incessantes.

Les Galaos, eux, se jetèrent sur le lac Onangué et se le partagèrent, ainsi que le lac Ezanga et le lac Ogémoué. Mais les riverains eshiras leur administraient toujours par surprise des rossées. Ils longeaient sans doute les lacs.

Combien de temps dura ce séjour aux lacs avant d’arriver à l’Ogooué ? certainement pas une génération. Mettons cinquante ans.

Les Galoas passèrent à l’Ogooué par la rivière qui débouche à Ongomo, mais surtout par la rivière Agouma, à Mondjwé, en face de Nzambalika.

Ils s’éparpillèrent les uns le long de l’Ogooué et le plus grand nombre remontèrent la rivière Obando et s’installèrent chez les Sékés. Mais ceux-ci descendirent quelque temps après au la Gomé.

La première famille qui s’établit sur l’Ogooué, fut le clan des Adyavis, mais la famille la plus nombreuse est peut-être actuellement celle des Adyénas.

Lorsque les premiers explorateurs européens remontèrent l’Ogooué, ils trouvèrent sur la rive droite du fleuve, un peu au dessus de l’emplacement actuel de la mission catholique, un important village galoa « Adolinanongo ». c’était là que régnait Nkombé, le fameux roi-soleil, rendu célèbre par les récits du marquis de Compiègne et de Savorgnan de Brazza.

Son père, Révégué, était énenga. Sa mère était une femme galao du clan des Anouvas

Si les Galoas sont à l’heure actuelle, la tribu la plus civilisée de tout l’Ogooué, ils le doivent au vieux Nkombé qui sut attirer le commerce européen dans sa tribu et cela au détriment des Akélés chez qui les Blancs s’étaient d’abord installés.

Tout le commerce de la Ngounié était monopolisé par les Galaos tandis que les Enengas accaparaient principalement celui du Haut Ogooué. Les produits étaient vendus, soit directement aux Européens, soit par l’intermédiaire des Oroungous du Cap Lopez.

Il est intéressant de trouver parmi les Galaos quelques familles d’origine mpongouè. Les Akazas descendraient d’une femme mpongouè venue jusque dans l’Ogooué à la recherche d’un médecin. Ne pouvant payer sa guérison, elle avait consenti à devenir la femme de son bienfaiteur. Grâce à la loi du matriarcal ( cette loi existe chez presque toutes les tribus de l’Ogooué ), les enfants prirent le clan de leur mère et devinrent des Akazas ou Agekazas. Plus tard, le même fait se reproduisit dans des conditions à peu près identiques et c’est pourquoi nous retrouvons les Assigas apparentés à la famille des anciens chefs mpongouès de Denis.

Il existait jadis chez les Galaos un fétiche redoutable, le « Yasi ». a son approche, femmes et enfants devaient s’enfuir ou se blottir dans quelque cachette. Voir le « Yasi », ou même prononcer son nom, était, pour les initiés, un crime puni de mort.

J’ai connu autrefois à la mission de Libreville, un jeune Galao dont la mère avait sacrifiée ainsi au terrible « Yasi ». Un autre m’a raconté que son oncle maternel, encore enfant ayant été surpris dans la bananeraie de son village au moment où les initiés tenaient une réunion secrète dans la brousse voisine, fut immolé sur le champ.

Heureusement le voisinage du poste non moins que l’influence bienfaisante des missionnaire a mis fin à ces coutumes barbares. Et aujourd’hui, le « Yasi » n’est plus un épouvantail pour personne.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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