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1910-1930
1940-2000

 

 

 

Ces trois peuplades ne forment avec les Ivilis de la Basse Ngounié et les Batchanguis de la Haute Nyanga et de la Louessé qu’une seule et même race.

Comme nous l’avons fait déjà observer, ces populations de race Adouma, sauf les Ivilis, s’échelonnent sur une ligne presque continue, des rives de l’Ogooué aux bords de la Louessé, en passant par la Haute Lolo, la Haute Ngounié et la Haute Nyanga.

Les Adoumas, peuple riverain par excellence, sont les plus civilisés de tous. Leur contact avec les Blancs date du temps où les premiers voyageurs européens s’aventurèrent sur les rapides de l’Ogooué. Après les Enengas et les Okandés dans le bas et le moyen fleuve, ils furent les grands convoyeurs es explorateurs et des commerçants de la région.

En 1881, une mission catholique vint s’établir chez eux, sous les auspices de M. de Brazza. Mais elle dut être abandonnée en 1897 et transférée chez les Mindoumous de Franceville. Aujourd’hui, les Adoumas regrettent le départ des missionnaires et ils les réclament à cor et à cri. Mais comment les satisfaire avec la crise du personnel qui sévit depuis la Grande Guerre.

Les Adoumas habitent le long du fleuve, aux abords du poste de Lastourville, entre le grand rapide de Boundji à l’ouest et celui de Doumé à l’est. Leur pays semble une vaste palmeraie, surtout en face de Lastourville. C’est pourquoi ce poste fut d’abord appelé Madiville ( veut dire huile ). Il ne prit le nom de Lastourville qu’après la mort de son fondateur M. de Lastour.

Longtemps les Adoumas eurent le monopole du trafic dans tout le Haut Ogooué et ses divers affluents. A certaines périodes de l’année, ils remontaient le fleuve pour acheter ou voler des esclaves ( à cette époque dans le Haut Ogooué, un esclave s’achetait pour une perle polychrome, de la grosseur d’un œuf de cane ), qu’ils revendaient ensuite aux Okandés, qui les passaient à leur tour aux Enengas, et ceux di aux Oroungous, lesquels les dirigeaient sur l’Estuaire du Gabon ou les trafiquaient sur place avec les négriers portugais, espagnols et autres.

Aujourd’hui, les Adoumas s’enrichissent surtout par le pagayage sur le fleuve. Mais bientôt peut être cette ressource leur sera enlevée, car déjà quelques petits bateaux à vapeur ont réussi à franchir les rapides et naviguent sur certains biefs.

Derrière les Adoumas se trouvent les Awandjis, dont un groupe important s’est installé étalement sur la Liboumbi, à proximité des Ongomos et des Bavoumbous.

Quant aux Ndjavis, qui les suivent, et que l’on confond souvent avec eux dans une seule et même dénomination, leur principal centre d’habitat va de la Lolo à la Ngounié. Les cartes en signalent un autre vers la Louambitchi, non loin de Batchangui.

Ces derniers jouissent d’une grande renommée pour leur habileté à travailler le fer. Je les ai entendu vanter aussi bien par les habitants de la Basse Ngounié que par ceux du Haut Ogooué.

Les Awandjis et les Ndjavis avaient encore tout dernièrement d’immenses villages. En 1911, j’eus l’occasion de visiter un de ces villages, Ndongo-Bawandji, sur les bords de la Liboumbi : c’est le plus grand village que j’aie jamais vu. Il pourrait avoir près d’un kilomètre de long. C’est un centre de trafic important où se rendaient des gens de l’Ogooué, de la Lolo, de la Ngounié, de la Nyanga et de la Louessé.. c’est paraît-il dans les environs de cette vaste agglomération qu’arriva à l’explorateur Du Chaillu l’aventure que nous avons relatée plus haut.

Les Awandjis et les Ndjavis passent pour une es races les plus intraitables de l’hinterland gabonais. Il n’y a pas très longtemps encore, ces peuplades étaient souvent en guerre.

Lorsque je visitai les Awandjis de la Liboumbi, j’arrivai vers six heures du soir à l’entrée d’un village. Tous les guerriers étaient alignés sur deux rangs et armés de sagaies. Ils craignaient sans doute une attaque «  de quoi avez-vous peur ? » leur criai-je. Aussitôt chacun de rentrer chez lui pour déposer sa lance et venir ensuite causer « avec l’étranger qui parlait la langue des Awandjis ».

Dans un autre village, je pus saisir, au cours de la conversation, que mes hôtes n’attendaient qu’une occasion favorable pour porter la guerre chez les Ongomos, leurs voisins.

A l’heure actuelle, sous l’influence de la pénétration européenne, ces mœurs barbares s’adoucissent peu à peu et bientôt il faut l’espérer, les Awandjis seront aussi maniables que leurs frères, les Adoumas ou les Ivilis.

En terminant, je citerai un dicton Ivili qui montre que Ndjavis et Ivilis sont frères de race ( si tu tues un Ivili, donne un Ndjavi à la place et l’affaire sera terminée ).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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