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Fondée en 1883 par Savorgnan de Brazza,
Lastourville s'appelait avant Madiville, qui signifie «
huile », à cause de sa végétation composée essentiellement de
palmiers. Ce n'est que deux ans plus tard qu'un jeune ingénieur
des Mines Rigail de Lastours, mourut d'un accès de
paludisme le 17 juin 1885, le capitaine de frégate Pradier qui
obtint, en 1886, que Madiville prenne le nom de Lastoursville
Lastourville est une ville du
Gabon, chef-lieu du département de Mulundu, dans la province de
l' Ogooué-Lolo. 
Appelée aussi Mouloundou par les premiers Bantou qui s'y installèrent et apprirent aux pygmées s'y trouvant déjà l'art de travailler le fer. Lors de la construction du Transgabonais, près de la gare, de l'autre côté du fleuve, subsistaient des traces ( outils de pierre taillée ) d'une civilisation vieille d'un million d'années, restée sur place jusqu'en 80 000 av. J.-C. ! Mais qui étaient ces anciens Gabonais ? Mystère.
Pour vous guider et apprécier les richesses touristiques de la région :
La tombe de Lastours : l'explorateur est enterré dans le quartier Mitchaca (après l'hôtel N'Goombi). Située en hauteur au bout d'une allée de bananiers, sa tombe, précédée d'une stèle en forme de losanges dressés, est à l'ombre d'un bosquet de bambous qui donne au site un aspect paisible et frais. Sui la plaque surmontée d'une belle croix ouvragée en ferronnerie, on peut lire "F R de Lastours, Mort ici pour la France, 1855 - 1885".
L'île Fétiche : à l'entrée de la ville, en prenant sur la droite, on descend vers le pont qui traverse l'Ogooué pour bénéficier de la vue sur le fleuve et l'île Fétiche. Jadis, quand le lieu s'appelait encore Mandji, "les voleurs et les adultères provenant des pays Douma et Wandji étaient réduits en esclavage et entreposés sur l'île Fétiche avant d'être vendus aux Okandé qui allaient à Lambaréné les vendre aux Aloa. Il arrivait que l'on attirât les gens dans l'île sous prétexte de pêche, en réalité pour les vendre " (Hubert Deschamps, Traditions orales et archives du Gabon). Aujourd'hui certains villageois sont réticents à s'y rendre, ils invoquent des enlèvements et des disparitions suspectes. Les grands rites initiatiques étaient pratiqués sur ces lieux. Peu d'autochtones vous en parleront, soit par méconnaissance, soit par goût du secret. L'île garde tout son mystère.
La Mission Saint-Pierre Claver de Lastoursville : commanditée par Savorgnan de Brazza, l'arrivée des pères Bichet et Davezac date de 1883. La mission s'installe alors et commence à se construire, en briques rosés fabriquées sur place. Le père Hée la rejoint en 1894, avant de se fixer à Franceville en 1898. Après plusieurs tentatives d'assassinat des pères par les Adouma, la mission est installée à Franceville en 1899. La relève est assurée plus tard, en 1946, par des pères hollandais. Elle est actuellement sous la direction de cinq frères et deux soeurs de la Communauté de la Béatitude. La Mission se trouve sur la route de Koulamoutou, à environ 5 km de la ville. L'église, de belles proportions, est au bout d'une longue allée de palmiers. Son porche est surmonté d'une tour centrale percée de fenêtres gémellées. La tribune qui surmonte le porche à trois ouvertures en arc en plein cintre est du plus bel effet. Tout, dans cette architecture, est marqué par le chiffre trois : ouvertures centrales, arcades qui abritent l'espace des confessions, contreforts qui rythment les parois et délimitent des zones éclairées de trois fenêtres... Comme à Koulamoutou l'influence de l'architecture romane est perceptible.
Les "chutes" (rapides) de Doumé, 3 heures 30.
"Comme je descendais les fleuves impassibles..."
En se laissant porter, au fil de l'eau sur l'Ogooué, le trajet en pirogue à moteur de 15 CV peut paraître lent, surtout quand on remonte son cours sur 32 km. Cependant, c'est ce qui fait aussi son charme. Il faut abandonner le stress de "l'homme pressé" et accepter de se laisser glisser tel un "Bateau Ivre", au gré des courants et des rapides que le piroguier habile évite en passant d'une rive à l'autre. L'embarcation avance en zigzag, on peut admirer la riche végétation des bords du fleuve qui, loin d'être régulier, passe du calme plat aux tumultes des flots. Sur la gauche, près de Lastoursville, un dépôt de bois de plusieurs centaines de mètres signale l'activité des forestiers dans la région. Après avoir passé les rapides du Ngomo, du Matémo et du Sessingué, tout à coup, l'horizon est barré par la forêt très dense. Le lit du fleuve s'incurve et devient plus étroit. Les rapides font entendre leur rumeur et vous êtes impressionnés par leur intensité, ne sachant encore si vous allez les passer dans votre embarcation. Ayant accosté à proximité (par chance, on ne les franchit pas) vous pourrez les admirer à loisir de la berge. L'accès aux "chutes" se fait aussi par la route, en se rendant au hameau de Doumé, mais la sensation de découverte est différente. Le trajet du retour est plus rapide puisque l'on descend le fleuve. Un conseil, revenez en fin d'après-midi, la lumière rasante du soleil couchant permet d'admirer le contraste que forment les masses sombres des arbres couverts de lianes, sortes de "falaises" massives et compactes, sur la base argentée de l'eau.
Les grottes, 2 h 30 à 4 heures (1 ou 2 grottes). Précautions préalables : chaussures de marche aux semelles anti-dérapantes, pantalons résistants (attention aux glissades dans la boue), bonne torche et éventuellement une corde pour faciliter la descente. Ne pas entreprendre la visite avec des enfants de moins de 10 ans. A faire de préférence en saison sèche. Prendre la route de Doumé en suivant l'Ogooué et s'arrêter au hameau de Pahon-Pira. Un guide est indispensable pour entreprendre cette randonnée vers les grottes. En suivant un sentier qui serpente dans de hautes herbes on aperçoit, sur la gauche, la montagne Likoumou. La marche, assez sportive à l'approche des grottes, est très agréable, dans la forêt aux parfums délicats. D'immenses fromagers ponctuent le chemin que le guide doit souvent ouvrir à la machette. Au bout d'une heure de marche à un bon rythme, la première grotte est en vue, béance au creux d'un rocher couvert de mousse et de fougères. La descente, sur un plan fortement incliné de terre glissante, est difficile. Mais la récompense est au bout : une belle salle d'où partent des galeries, espace accidenté au creux duquel serpente un petit cours d'eau. La remontée est beaucoup plus facile. Après une progression d'environ 3/4 d'heure, la deuxième grotte est assez difficile à trouver dans une végétation plus dense encore. Cette grotte est très différente de la précédente : vaste et plus claire, elle permet de traverser le relief et de ressortir sur l'autre versant de la colline.
Les chantiers forestiers, une journée. Quatre entreprises forestières ont des chantiers dans un rayon de 20 à 50 km de Lastoursville : la SBL, la CEB, la SOFORGA et EGG. Une visite de chantier forestier peut être organisée, à condition de prendre contact au préalable avec ces sociétés, et .pour des raisons de sécurité, d'être en effectif réduit. Le travail du bois est très intéressant à voir : débardage, abattage, chargement de camions, scieries etc. Une balade en forêt, sombre et dense, avec reconnaissance des multiples espèces d'arbres, okoumé, padouk, kévazingo, rikio...(sauf le zingana que l'on trouve dans le Fernan Vaz), permet aux amoureux de calme, de solitude et de nature, d'être comblés.

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