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A travers les siècles, les
missionnaires français ont pu évangéliser jusqu'au plus profond du
Gabon et nous montrons tout l'art chrétien ainsi que leur dévotion
envers les villageois.
Tous les jours, les prêtres
venaient célébrer une messe dans une case en planches délabrée mais
qui devenait trop petite pour contenir les fidèles.

Vers la fin des années 1870,
l’église Sainte Marie étant devenue insuffisante, la nécessité de
construire une nouvelle église se faisait ressentir. L’acquisition
par l’État, en 1878, des bâtiments de l’ancienne factorerie Pilastre
fut l’origine et l’opportunité d’une convention passée entre Mgr Le
Berre et le Commandant Dumont, le 24 décembre 1879.
Elle attribuait cette concession aux missionnaires et prévoyait un
projet de construction d’église. Elle confirmait ainsi les
engagements pris le 15
juin 1877, entre le Père Stoffel et le Contre Amiral Alléma qui,
au cours d’une visite à Sainte Marie, avait déclaré : « Demandez moi
tout ce que vous voulez, je vous l’accorderai ».
C’est au Frère Antoine que revint
l’honneur de dresser les plans de la future église qui furent
présentés et adoptés par le Ministère des Colonies.
Les travaux furent confiés à
l’entreprise Lelubez qui achemina sur un trois-mâts, en mai 1882, la
totalité des matériaux et la main-d’œuvre nécessaire au montage.
La cérémonie de la pose de la
première pierre eut lieu le 24 mai 1882, à 16 heures 30, en présence
du Commandant du Gabon. Cette pierre contenait, enfermés dans un
grand flacon, deux procès verbaux, l’un en latin signé par Mgr Le
Berre qui avait déposé trois médailles, l’autre en français signé
par le chef de la colonie, le Commandant Hanet-Clerey qui joignit sa
croix de la légion d’honneur ainsi qu’une pièce de vingt franc en
or.
Terminé en 1889, l’édifice
mesurait 35 mètres de long sur 12 mètres de large et le clocher
s’élevait à 17 mètres. Outre l’autel central, on avait prévu deux
autels latéraux ainsi qu’un bacon au-dessus de l’entrée principale.
Il fut consacré le 14 septembre par Mgr Le Berre, après avoir béni
la cloche, trois jours auparavant, en présence de M. et Mme Cornut-Gentille, les parrains et marraines de cet événement. La
première messe fut dite par le Père Gachon, premier curé de la
paroisse.
Cette église, chère aux
Librevillois, fut démolie en 1975,
pour des besoins d’urbanismes. Reconstruite à l’identique, à Glass,
pour la paroisse Notre-Dame des Victoires, elle en rappelle
l’existence.
Le Président promit au Pape Jean
Paul II de reconstruire l’église Saint-Pierre. C’est ainsi que se
dresse, à l’opposé, derrière la Présidence, la nouvelle église dont
la première pierre fut posée par Sa Sainteté le 28
février 1982.
D’architecture moderne, ce nouvel
édifice a remplacé avantageusement l’ancienne construction. Il a été
conçu par l’architecte Madjeh et réalisé par la société ECTP. Sa
forme schématise la barque renversée de l’apôtre Pierre. Deux
poutres porteuses, en lamellé collé, de 49
mètres, soutiennent la toiture couverte en shingle. En forme de
losange asymétrique de 56
mètres de long sur 37
mètres de large, elle peut contenir deux mille fidèles. La tribune
est située dans la partie avancée, au-dessus du parvis.
Ses larges baies vitrées, sur
menuiserie d’aluminium, laissent passer la lumière qui met en valeur
des peintures aux teintes pastel. La consécration fut faite le 29
juin 1986 par Mgr Donato Squicciarini, représentant le Saint-Siège.
A cette occasion, Mgr Ndong, évêque d’Oyem fêtait ses vingt-cinq ans
d’épiscopat.


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