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1910-1930
1940-2000

 

 

Dès 1850, le Père Lossedat, puis Mgr Bessieux tentèrent vainement d’implanter une mission catholique dans le principal centre de traite du Gabon. Ce n’est qu’en 1884, lors du règne du roi Nangeniona, que le Révérend Père Neu recevait l’autorisation d’installer une mission au Cap Lopez. Il faudra attendre le mois de mai 1926 pour que le Père Barreau se voie confier, par Monseigneur Tardy, la lourde tâche d’édifier une église à Port-Gentil.

Jean-Baptiste Barreau est né le 2 avril 1897, à la Hayes-Descartes. Après avoir terminé son noviciat à Chevilly-Larue, ses convictions l’orientent vers le missionnariat. Il fut donc affecté en juillet 1901, au Vicariat Apostolique du Gabon pour servir à la mission des Trois-Epis pendant cinq ans. En 1909, après un séjour en France, il revint au Gabon. En 1920, il fut appelé en poste à Lambaréné où son principal objectif fut de développer la vie de la mission ( fours à briques, plantations, menuiserie ).

Dès l’année suivante, fin 1927, il fut appelé pour lancer une fondation, celle de Port-Gentil. C’est en 1928 que débutèrent les travaux de construction, avec la collaboration du frère Xavier.

C’est ainsi que sera construite, dans la concession, cette église que le Père Barreau décrivait ainsi :

« D’un style roman accommodé au pays avec beaucoup de baies petites et grandes autour du chœur, des transepts et de l’église entière. Le toit est fait d’imbrication vert pâle où crépite la pluie et où danse le soleil. Les tribunes intérieures font le tour de presque toute l’église. Elles donneront accès sur la façade, ornée d’une promenade à balustres, flanquée de deux gargouilles : un seigneur Éléphant et un compère Crocodile qui, les jours de pluie, vomissent le déluge.

Au dehors, des galeries circulaires, partant des porches, feront un cloître, serviront d’abri, enserreront l’église jusqu’aux transepts, la ramasseront sur elle-même et atténueront ainsi, par un peu de sévérité, ce qu’il y aurait de trop gracile dans sa dentelle.

Quant au clocher, il prendra sa base au milieu de l’entrée, droit, simple, presque frustre : il sera percé de quelques longues fenêtres et d’étroites meurtrières. Il aura son horloge aux cadrans en retrait, blanchis à la chaux, qui marquera le temps. A l’intérieur, cachées mais sonores et ardentes, les cloches salueront la vie  des chrétiens à son aube et à son départ.

Au-dessus du porche, le preux et vaillant Saint Louis, œuvre de Réal Del Sarte, taillé en pleine pierre, main haute sur le pommeau de son épée, prendra possession de son fief, de son église, la face tournée vers la ville et la terre de France.

C’est le 23 juin 1940 que mourut le Père Barreau, maçon, terrassier, architecte, charpentier, décorateur qui osa entreprendre la construction d’une cathédrale digne de l’Eldorado des Bois.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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