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Les premiers missionnaires arrivés en 1880 pour
fonder la mission de Lambaréné, y retrouvent d’anciens élèves de la
mission Sainte Marie qui favoriseront leur insertion dans le pays. C’est
sur un terrain acheté par le Père Delorme la 19 décembre 1880, situé à
l’extrémité de l’Île Ozengué que l’on a choisi de construire la mission
Saint François Xavier, poste le plus avancé sur l’Ogooué.
Ce vaste terrain surplombe le fleuve de 25 mètres.
De là, on a une très belle vue sur le fleuve et son affluent, la
Ngounié. Il servira de base pour étendre l’évangélisation sur le cours
de l’Ogooué, vers l’intérieur du pays. C’est ainsi que Lambaréné
essaimera de trois missions : Fernan Vaz en 1887, Ndjolé en 1897 et
Sindara en 1899.
La première case de 12 mètres par 6 mètres fut
construite par le Père Delorme avec l’aide des Galwa en 1881. Mais c’est
le Père Lejeune le véritable maître d’œuvre de la station.
Construit petit à petit, les différents bâtiments
d’habitation et d’école seront terminés en 1894, l’église en 1898 et la
maison des sœurs située environ 200 mètres en 1900.
L’église est construite en briques roses
fabriquées avec l’argile locale acheminée depuis Nzile par pirogues.
Le parvis de l’église domine l’Ogooué. On y accède
par un escalier, d’une dizaine de marches, bordé par des cocotiers qui
conduit à une place de 10 mètres sur 12 mètres.
De style roman, la construction est imposante. Six
piliers de briques ornent la façade, au milieu de laquelle s’ouvre le
vaste porche d’entrée surmonté de niches sur lesquelles prennent appui
des piliers terminés en pointe. Les deux piliers centraux encadrent une
niche dans laquelle trône la statue de Saint François Xavier.
Après 1930, le clocher a été rapporté au-dessus de
la toiture en tuiles.
A l’intérieur, la voûte soutenue par 14 poutres
carrées est constituée d’un ensemble de planches présentant une très
bonne finition.
D’une longueur de 42 mètres et d’une largeur de 10
mètres, son clocher s’élève à 18 mètres. Elle fut consacrée le 29
janvier 1898.
En 1907, lorsque la station fêta son
vingt-cinquième anniversaire, elle avait inscrit sur ses registres, plus
de 3 000 baptêmes, 750 communions et 120 mariages.
Les ressources provenant de 300 pieds de cacaoyers
et d’un millier de caféiers permettaient à la mission de subsister.
Il faut citer qu’en 1940, les troupes gaullistes
ont épargné la mission et à l’hôpital Schweitzer lors des bombardements
pour le contrôle du territoire, mais la fatalité a voulu qu’un éclat
d’obus arrache la vie à un Père de la station qui servait bénévolement
d’aumônier aux troupes de Vichy.



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