Située au bord d’une lagune de
70 kilomètres de long sur 30 de large appelée le lac des Nkomis,
Sainte Anne du Fernan Vaz est une petite mission riche d’histoire,
que l’on atteint de Port-Gentil après 8 heures de pirogue à moteur.
C’est le 6 mars 1887 que les Pères Buléon et Bichet débarquèrent à
la pointe Igoumbi pour y acheter un terrain et y construire une
mission. Le Père Buléon, originaire de Sainte Anne d’Auray dans le
Morbihan, traça les plans d’une église en l’honneur de Sainte Anne.
Le Père Bichet dont les moyens financiers personnels étaient
confortable commande en France, à la maison Izembert, d’après les
conceptions de l’ingénieur Eiffel, une église de 12 m de largeur sur
35 m de long, avec un clocher dont la flèche atteint 27 mètres.
Les matériaux de base, pierres,
gravier, furent amenés par pirogues, en naviguant sur le Rembo où
l’on rencontre des carrières de granit. En août 1890, l’ensemble des
matériaux était à pied d’œuvre. La construction de l’édifice durera
18 mois et au commencement de 1892, la construction était totalement
terminée.
D’un style éloigné du roman,
au-dessus de l’entrée, trône une statue monumentale de Sainte Anne,
en fonte dorée. Un porche ouvert par trois grandes baies, dominées
chacune par une rosace, donne accès à l’église. Une vaste nef, dont
la voûte hardie se dessine en anse de panier, éclairée de chaque
côté par cinq larges fenêtres, permet à une foule considérable
d’assister aux offices. Le transept, avec les autels latéraux, est
un espace réservé que les infidèles ne doivent pas franchir. Au
fond, le sanctuaire, avec son autel richement orné, domine
l’assemblée. Plus près de la voûte, une statue de Sainte Anne se
dresse dans la niche qui la renferme.
C’est aussi dans le calme d’une
nature superbe que la mission accueillera le petit Séminaire de
Libreville.
Pour lever l’inquiétude des
Nkomis sur l’éducation des filles à l’école des missions, le
Révérend Père Bichet eut l’idée de doter toutes celles qui
naissaient aux alentours et qui allaient devenir ses « femmes »
légales. Dès qu’un homme voulait en épouser une, il devait
rembourser au Père Bichet la dot versée à la naissance. Très
impressionné par le caractère et les moyens de cet homme, les Nkomis
décidèrent d’en faire leur « Renima » roi du lac, le 26 juillet
1887.
Autre curiosité de la mission,
Fritz, le seul éléphant d’Afrique qui acceptait l’attelage pour le
transport des bois de la mission !
Considéré comme un modèle
d’exemple, la mission se distinguait également par ses 200 hectares
de cultures de toutes sortes.
Le 20 décembre 1900, le Père
Bichet mourrait. Son corps repose dans un caveau devant la porte de
son église.