Bien connu pour sa curiosité
touristique, le dôme rocheux d’Effot dominant la colline, Medouneu
est un ancien district frontalier au nord du Gabon, situé à la
limite de la Guinée Équatoriale.
Medouneu se trouve sur l’axe
Libreville Mitzic. Il est disant de la capitale de 210
km. On y accède en empruntant sur la route de Kango, après Ntoum,
une route secondaire sinueuse et accidentée qui traverse, dans une
forêt luxuriante, pendant
160
km, le massif des Monts de Cristal. Cette voie, au bord de laquelle
s’étale une dizaine de villages de quelques cases rectangulaires de
construction traditionnelle, aux murs de bois et de terre, aux
toitures en paille, franchit, sur des ponts de planches, de petits
cours d’eau qui se glissent entre deux parois rocheuses.
Dépendant du diocèse d’Oyem, on
attribue au Père Colombé la construction de plusieurs chapelles
avant que le Père Sillard installe en 1959,
sur ce rare endroit de plaine, une nouvelle église dans cette
paroisse.
L’église est indiquée, depuis la
rue centrale de cette cité, par une grande croix de 2,5
m de haut posée sur un socle, le tout en ciment recouvert de
carrelage avec des motifs géométriques. Cette construction est très
caractéristique des cases chapelles construites il y a un siècle et
que l’on retrouve représentée sur les cartes postales éditées par
les missions.
Délimitant la nef, une aire de
terre battue de 36
mètres par 18,
limitée par des fondations de ciment, sert d’assise à cette
construction de bois ; deux rangées de neuf tronc d’arbre, espacées
de 6 mètres, supportent des perches de bois qui forment la charpente
soutenant une toiture étagée couverte de tôles.
La façade, en plan coupé, avec ses
clayons de bois formant entrée, permet de mettre en valeur un
clocher à quatre étages pyramidaux, supporté par quatre piliers.
C’est dans ce clocher original que se réfugie, à l’heure des
offices, un joueur de tam-tam appelant les fidèles à la prière.
Sur le pourtour, une trentaine de
rondins de bois entre lesquels on a fixé récemment des tôles assure
une clôture sommaire.
La face arrière est
constituée d’un rideau de tiges de bambou. Une grande croix de 3
mètres sur 2
mètres, d’une largeur de 0,60
m, formée de tiges de bambou, est fixée, en relief, sur ce mur.
Le chœur de l’église surélevé de 30
cm est recouvert, sur toute sa surface, de carrelage. L’autel d’une
composition particulière a été réalisé à partir d’un bloc de béton
trapézoïdal renversé sur lequel est posé une dalle de ciment,
également carrelée. Une centaine de bancs disposés sur quatre
rangées permettent de contenir cinq cents fidèles. Loin du luxe
provoquant, des carillons électriques, des grandes orgues des
cathédrales, cette église d’une très grande simplicité, sans
ornements, avec sa jante de roue en guise de cloche, son tam-tam
situé dans le clocher, ses balafons, son zylophone, sa chaire et son
échelle d’accès, qui ressemble à un affût de chasse, reste le
symbole d’une foi profonde où les fidèles de cette région déshéritée
viennent célébrer avec ferveur l’office du dimanche à l’appel du
tam-tam qui résonne dans toute la cité.