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Écrit du Frère
Hubert (
Directeur du
Collège et Lycée
Raponda Walker )
extrait de
Souvenir d'un
nonagénaire.
La biographie
d'un homme
marquant dont la
vie a été longue
et mouvementée
peut servir de
trame à
l'histoire d'une
longue période.
C'est le cas
d'un Talleyrand,
d'un Mazarin. On
peut dire aussi
que c'est le cas
de l'Abbé Walker
que l'on a
appelé la
« Mémoire du
Gabon ».
Il est né en
1871, donc du
temps de Mgr
Bessieux. Il a
vécu sous
l'épiscopat de
Mgr Le Berre,
ordonné par Mgr
Le Roy aux
ordres mineurs,
et prêtre par
Mgr Jean Adam.
Il a travaillé
au temps de Mgr
Martrou et de
Mgr Tardy. Il a
pris sa retraite
laborieuse sous
Mgr Jean Jérôme
ADAM et il est
mort peu de
temps avant le
sacre de Mgr
Anguilet. Il a
connu des
difficultés avec
le président
Léon Mba. Mêlé à
toute la vie
religieuse du
Gabon, l'Abbé
Walker prend ses
assises dans le
pays Mpongwé; il
est le premier à
avoir traité
avec les Blancs;
et par son père
Bruce Walker, il
est apparenté à
ces commerçants
anglais
qu'intéressent
les gens et les
choses,
explorent le
pays et qui en
écrivent....
« Souvenirs d'un
nonagénaire » -
le titre est de
lui - nous font
revivre des
moments
inoubliables.
Bien
qu'inachevées,
ces notes sont
très précieuses
à tous ceux qui
l'ont approché
et aimé et qui
sont restés sous
le charme. Que
l'on nous
pardonne les
redites que nous
n'avons pas
voulu supprimer
car elles nous
permettent de
rester encore
quelques
instants avec
lui. Avec une
mémoire
prodigieuse, il
a revécu jusqu'à
sa mort tout ce
qu'il sait sur
le Gabon qu'il a
parcouru si
longtemps en
tous sens pour
le partager avec
nous.
Il s'appelle
Ignace André
Gervais Raponda
Bruce Walker. Il
est né le 19
juin 1871 à
Ompindi Orove.
Il fut baptisé à
Sainte-Marie, le
30 juillet
suivant. Son
parrain fut
François Mbongo,
originaire du
Haut-Ogooué.
Son père Bruce
Walker, a été le
fondateur et le
premier
directeur de la
Firme Hatton &
Cookson à
Libreville. Il
arriva au Gabon
vers 1859. Il
quitta
définitivement
ce pays en 1875.
Sa mère,
Agnorogoulè
Ikoutou, décédée
en 1912, était
la nièce par sa
mère,
Ngouessoukou, du
roi Louis Dowè,
du clan
Aghuékaza. Par
son père,
Raponda-Ndjèmbo,
elle descendait
du roi, Georges
Rassondji, du
clan des
Agoulambas.
En 1875, mon
père m'emmena
avec lui en
Angleterre, en
passant par
divers escales
des possessions
anglaises.
En Angleterre,
il vécut à
Southampton,
chez sa
grand-mère
paternelle et
commença à
fréquenter
l'école. Il y
passa un hiver.
Au bout d'un an,
il revint à
Libreville, via
Fernando-Po.
Revenu à
Libreville en
1876, l'année de
la mort de Mgr
Bessieux et du
roi Denis, il
entra à l'école
de Sainte-Marie
comme interne en
1877. Je fus
reçu par le Père
Stalter et par
le Père Stoffel,
supérieur de la
cité
missionnaire. Il
n'y avait pas
d'évêque. Mgr Le
Berre,
nouvellement
nommé, s'était
rendu en France
pour son sacre.
En mai 1882, il
fit sa première
communion, et
fus confirmé
quelques
semaines plus
tard par Mgr Le
Berre. Cette
même année, il
commença l'étude
du latin avec
deux autres
élèves à la
mission
Saint-Joseph des
Bengas, au Cap
Estérias.
L'année
suivante, ils
furent rappelés
à Libreville et
réintégrés à
l'école «
Sainte-Marie ».
En septembre
1886, il fût
admis
définitivement
au petit
séminaire, où il
repris le latin
et fit ses
études
secondaires.
Comme il
manifestait le
désir de se
faire prêtre, il
eut de grandes
difficultés avec
sa mère, qui s'y
opposait
formellement.
Elle s'en
plaignit à
l'administration,
et il fut obligé
de quitter le
séminaire.
Quelques jours
plus tard, il se
sauvât du
village et
trouva le moyen
de poursuivre
ses études
jusqu'à la
rhétorique. En
1892, il était
majeur. Mgr Le
Roy, nouvel
évêque du Gabon,
lui donna la
soutane dès son
arrivée. L'année
d'après, le 29
septembre 1894,
au centenaire de
la mission,
monseigneur lui
conféra la
première
tonsure, en
plein air;
l'office se
déroulait sous
une tente
dressée par la
marine sur le
fort d'Aumale.
Par la suite il
continua ses
études de
philosophie et
de théologie
jusqu'au
transfert du
séminaire à
Sainte-Anne du
Fernan Vaz. Là,
je passai deux
ans et fus promu
au sous-diaconat
et au diaconat.
De retour à
Libreville en
1899, il fût
ordonné prêtre
par Mgr Adam (
senior ) en
l'église
Saint-Pierre, le
30 juillet, lors
du
cinquantenaire
de l'arrivée des
Soeurs Bleues au
Gabon. Parfois,
il allât visiter
les villages de
la région
habitée par les
Bavilis, les
Bavéas, les
Fangs et les
Bakélés. En
1910, il quitta
Sindara pour
Franceville dans
le Haut-Ogooué,
en passant par
Libreville,
Port-Gentil,
Matadi,
Brazzaville, l'Alima
et les plateaux
Batéké.
Il descendit
l'Ogooué en
pirogue, à
travers les
rapides, d'abord
des Mindumus,
ensuite avec des
Badoumas. A
Libreville, il
fût placé au
séminaire comme
sous-directeur
et professeur.
Il eût cinq
élèves, puis
trois qu'il
conduisit de la
sixième à la
première. Ils
entrèrent au
grand séminaire
et reçurent la
prêtrise en
1923, le 15
août. De
Libreville, il
fût envoyé à la
mission de
Boutika (
Rio-Mouni ) en
1917, durant la
première Guerre
Mondiale. Il y
trouvât tout au
plus une dizaine
de gosses.
C'est à Boutika
qu'il commençât
ses recherches
sur la flore
gabonaise. Du
Rio-Mouni, il
fût affecté à
Donguila d'août
1921 à août
1926. De là, il
reçut son
obédience pour
Lambaréné ( 1926
- 1929 );
ensuite de
nouveau pour
Sindara ( 1934 à
1934 ); puis à
Saint-Martin,
près de Mouila (
1934 à 1941 );
et enfin en demi
retraite au
Fernan Vaz (
1941 à 1949 ).
C'est à son
arrivée à
Libreville qu'il
prit
définitivement
sa retraite en
la paroisse
Saint-Pierre où
il se trouve
actuellement.
En 1950, il
reçut la Croix
de Chevalier de
l'ORDRE NATIONAL
DE LA LÉGION
D'HONNEUR.
Il avait déjà
reçu les Palmes
Académiques; et
monsieur Auguste
Chevalier lui
avait obtenu le
titre de Lauréat
de l'Académie
pour ses divers
travaux de
Linguistique,
d'ethnographie
et de Botanique.
Sur les conseils
du Père Julien
Macé, il
entreprit son
dictionnaire
Mpongwè-Français
en 1914. Il
commença ses
recherches
botaniques au
Mouni en 1917 et
correspondit
plus tard avec
Monsieur le
Professeur
Auguste
Chevalier de
1919 à 1963.


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